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2010, pages nouvelles
Trip régressif...
dimanche 4 juillet 2010, par

Inquiétude
samedi 8 mai 2010, par
Je m’interroge parfois, car j’aimerais savoir pourquoi je ne peux inscrire la joie. Je m’interroge parfois, une seconde. Je me demande ce qu’est cette sourde inquiétude qui ne me quitte pas, cette inquiétude que je sais pourtant parfaitement inutile, ou plutôt vide. Une inquiétude vide, une inquiétude qui n’annonce aucune catastrophe, qui n’est le pressentiment de rien. Il semble même, que par une perversion du sentiment, les catastrophes me soient joyeuses, toujours, et que l’inquiétude ne s’accroche qu’au vide, qu’au quotidien, qu’à la normalité des heures qui n’attendent rien. Une éruption volcanique, ou une grande vague dévastatrice seront toujours bienvenues, alors que ce grand air vide qui comble mon paysage me mine
Toute petite fin
samedi 1er mai 2010, par
Cette déception, celle de ne rien ressentir. Je m’en souviens, je me souviens de ce moment lorsque je sors pour la dernière fois de la caserne, de la délivrance attendue, et de rien, de l’anesthésie, du vide, de la déception, alors, de ne rien ressentir, de ne rien ressentir en balance d’une éternité de contrainte. Cette espérance déçue. Que la délivrance soit vide, qu’elle ne soit pas un positif explosif, venant réparer un long et cruel négatif. Seulement un vide, un peu triste, un peu gris, et terriblement mou. Rien. Je me souviens… Je savais donc. Je savais qu’aujourd’hui, ce serait ça. Ce vide. Malgré tout, toute la journée, je me scrute, j’écoute et j’attends, mais rien, évidement. C’est juste une chose terminée. Et derrière, de la vie normale, du temps qui s’égraine mécanique, qui s’en fout, qui s’en fout de moi. Alors, j’ai lavé la voiture, même si je déteste ça, peut-être pour que le négatif dure cette journée encore, que l’espoir survive, que demain, enfin, je me sentirais libéré de quelque chose.
Disloqué
dimanche 28 février 2010, par
Bien. Dont acte. Je suis disloqué. Éparse, ce qui m’appartient, comme autant de membres fantômes, gît loin de moi, ce moi incertain du manque de substance, ne laissant à moi qu’une gêne sourde.
Dire qu’on entend qu’internet est confusion. Que dire alors du salariat, de cet esclavage moderne qui disloque et broie, qui arrache, qui avale, qui déchire tout ce qui tombe sous sa dent.
Ce regard hésitant, légèrement hagard, de l’indice du stress chez le salarié commun. Ces soupirs trop profonds, pour tenter de reprendre son souffle, du dos harassé, de l’abandon au déferlement des tâches, de l’énervement qui rend injuste, des larmes qui montent, concluant l’humiliation.
Bien. Dont acte. On arrête. On retrouve un centre. On se souvient de soi. On récupère vite les morceaux les plus proches, on focalise sur quelques qualités restantes, on rentre loin, ou profond plutôt, ce qui est précieux, on s’aventure, retrouvant son assurance, plus loin, pour rassembler plus large, on hume l’air, on prend la lumière en face, on se recentre sur sa poésie spécifique, retrouver son rythme, sa pulsation, enfin, sa respiration, comme une huître, on emballe de haine nacrée les agressions encore blessantes, on serre les poings.
Voilà, lorsque tu te retrouves dans ce lieu de toi ou tu peux rire du monde.
Le soap est dompté, balayé d’un revers de main. Tu as retrouvé tes amis morts, quelques survivants, tu as rouvert Virgile au petit matin.
Quel plaisir. Quel plaisir retrouvé.
Déversoire
vendredi 12 février 2010, par
Trop pleine. Cette année commence trop pleine.
Je ne me débarrasse pas d’un malaise constant. Une impression de m’être perdu quelque part, entre deux bureaux, entre deux tâches éreintantes…
J’arrive jusqu’ici noué, et la douleur évoque une période équivalente d’il y a trois ans.
Je me suis encore perdu. Et ça me condamne à inscrire de nouveau quelques jérémiades ici. À commencer par ça, encore. Humiliation. Un début terrifiant d’une nouvelle année terrifiante, aggloméra d’obstacles contondants. Nous sommes agressés de partout, par les séries de malchance, de petite faillite, d’injustice incompréhensible. Pas de gros malheurs, mais une accumulation de coup qui finit par faire fléchir les genoux.
Je me suis protégé si longtemps, planqué, bien planqué, caché dans mon trou. C’était le prix de ma liberté, de l’intégrité préservée de ma singularité.
Est-ce une histoire d’intégrité ? Pourquoi avoir joué si longtemps ? Ne pas apparaître pour ce que l’on est. Ne jamais prêter le flanc, pour rester intègre et libre. Dégagé. Était-ce de la lâcheté ? Ou vraiment un extraordinaire instinct de survie ?
Je ne sais pas si j’ai été lâche, mais entropique, souvent.
Sortir à l’air, à peine pourtant, est humiliant. Je suis l’idiot qui tente vainement de se prémunir des bruit et fureurs insignifiantes.
Quelle est donc cette humiliation ?
